Lundi 13 novembre 2006
1
13
/11
/Nov
/2006
10:04
Dans son bulletin N° 95, l'association Luberon Nature présente son point de vue sur le projet d'usine de gazéification à Coustellet et apporte un éclairage précis sur la façon dont se met en place le projet. Edifiant.
A PROPOS DE "L'USINE A GAZ" DE COUSTELLET …
Dans notre numéro 94 de Juin dernier, nous avions signalé l'annonce d'une enquête publique consacrée à la demande faite par la Société EBV d'être autorisée à exploiter une unité de gazéification de marcs de raisins et de plaquettes forestières à proximité de la distillerie de Coustellet. Nous avions vis-à-vis d'un tel projet une attitude a priori favorable que nous avions traduite ainsi: "Cette démarche peut être très positive si elle permet par exemple de supprimer l'activité de compostage de la distillerie, mais une grande vigilance doit être déployée pour qu'elle ne génère pas de nuisances nouvelles".
C'est dans cet esprit que nous avons étudié le dossier soumis à l'enquête publique. Nous avons été effarés par le procédé choisi et par la présentation biaisée du dossier lui-même, ce qui nous a d'abord conduits à manifester nos doutes auprès de la Commissaire-Enquêtrice, puis à approfondir notre connaissance du contexte des énergies renouvelables dans lequel se situe cette affaire. Cela nous a amené, malgré notre attachement au développement des énergies renouvelables (quand il est possible et efficace) et à l'utilisation optimale de la biomasse, à prendre position contre le projet d'EBV.
A la demande de nombreux résidents des communes concernées par le projet (celles de la Communauté de Communes de Coustellet, plus Gordes et Ménerbes), Luberon Nature a publié une note d'information sur le sujet en général et sur notre position dans le cas particulier. Ce document, ainsi que l'avis que nous avons remis à la Commissaire-Enquêtrice et la lettre adressée au Préfet dont nous parlerons plus bas, sont à la disposition de nos lecteurs qui le désirent.
En résumé, nous adressons trois reproches principaux à l'unité envisagée:
C'est une énormité en ce qui concerne les énergies renouvelables. Elle aboutit à cette aberration qu'on va produire de l'énergie sous forme d'électricité, avec un rendement lamentable, à partir de marcs bien adaptés à faire un fertilisant par compostage, et qu'en même temps on va devoir remplacer ce fertilisant par un engrais chimique obtenu à partir de pétrole ou de gaz naturel qui sont, eux, bien adaptés à produire de l'énergie… Bravo au Ministre qui a délivré l'autorisation !
C'est un moyen légal pour une entreprise de vivre sur des fonds publics, argent des contribuables et des clients d'EDF. Nous ne sommes pas opposés à ce que cet argent finance des développements collectivement utiles et efficaces mais le distribuer pour un projet délirant n'est pas acceptable.
C'est une inconscience grave que d'installer une telle usine dans une zone habitée, dans laquelle les municipalités concernées s'efforcent avec un certain succès de développer une activité résidentielle, commerciale et culturelle attractive et conviviale. Bien sûr, on nous explique sur le papier que l'usine ne posera aucun problème. Tant qu'elle sera virtuelle, c'est vrai. Mais dès qu'elle sera réelle et qu'on voudra la mettre en route, les problèmes afflueront:
Le bruit. Sur le papier, beaucoup de sites économiques, les carrières par exemple, sont bien dans les normes mais cela n'empêche pas les voisins de vivre un calvaire sonore. Ce sera le cas à Coustellet.
Les odeurs. Sur le papier, la distillerie n'aurait pas dû en dégager. Pourtant, il aura fallu attendre plusieurs décennies, non pas pour qu'elles disparaissent, mais pour qu'elles deviennent à peu près supportables. On risque de repartir à zéro.
Les rejets de produits polluants ou toxiques. Sur le papier, il ne doit pas y en avoir au-delà des normes, mais l'étude n'a pas été faite de ce qui se passera pendant la période de démarrage qui peut durer plusieurs mois, ni pendant les inévitables incidents ou accidents de fonctionnement. Quant à ce qui est rejeté par les cheminées, l'expérience de la raffinerie montre bien que cela retombe toujours quelque part.
La Commissaire-Enquêtrice ayant finalement donné un avis favorable, nous avons écrit au Préfet pour préciser les raisons de notre opposition et pour dénoncer la légèreté avec laquelle avaient été balayées nos questions et celles d'un grand nombre de voisins.
Indépendamment de Luberon Nature, l'affaire a donné lieu à des manifestations de refus de la part de nombre de résidants des cinq communes constituant la Communauté de Communes de Coustellet. Cela a amené les Maires des ces cinq communes: (Madame Marie-Paule GHIGLIONE, Maire de Cabrières d'Avignon, Monsieur Albert CALVO, Maire d'Oppède, Monsieur Robert DONNAT, Maire de Lagnes, Monsieur Robert FRASSI, Maire de Robion, Monsieur René VALENTINO, Maire de Maubec et Président de la Communauté)à signer un tract de défense du projet, tract qui a été distribué dans les boîtes aux lettres d'au moins certaines de ces communes.
Dans ce tract, qui montre surtout que les signataires ne connaissent pas le sujet et ne se sont pas donnés la peine de lire le dossier de l'enquête publique, il est même fait appel à Luberon Nature dont le texte cité au début de cet article a été "résumé" par "démarche très positive".
Déformer ou tronquer un texte pour lui faire dire tout autre chose que ce qu'il veut dire est toujours un procédé malhonnête et méprisable. Venant des élus, comment peut-on le qualifier ?
vos commentaires