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Revue de presse

Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /Août /2007 12:26
Source : laprovence.fr

Une centaine de commerçants et d’habitants du hameau de Coustellet, dans le Vaucluse, ont manifesté ce matin, à l’appel de l’Association des professions libérales, artisans et commerçants de Coustellet (APACC). Ils se sont mobilisés pour réclamer l’installation d’une moyenne surface de 900 m2 dans le hameau. Les manifestants ont ralenti  pendant plus d’une heure la circulation sur la RN 100.

"La zone du Tourail dans laquelle sont installés près de 80 commerces est complètement excentrée. Les commerçants sont en train de mourir. La moyenne surface serait implantée à proximité de cette zone et de la RN 100. Ce qui drainerait des consommateurs et permettrait aux commerces existant de se développer", a expliqué Martine Volle, trésorière de l'APACC.
Par La Provence - Publié dans : Revue de presse
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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /Mars /2007 15:12

"Le projet d'usine à Coustellet fortement compromis" , "L'usine de gazéification a-t-elle encore un avenir ?" , "L'usine de gazéification va-t-elle prendre l'eau ? " en couverture du journal La Provence (édition du vendredi 23 mars 2007) et en pages intérieures, le quotidien régional annonce l'avis négatif donné par le Coderst (comité départemental de l'environnement et des risque sanitaires) pour le projet d'usine de gazéification. "La décision définitive de la sous-Préfecture serait imminente" annonce la journaliste Florence Antunes, qui a interrogé le sous-préfet. "Il s'agit de l'une des étapes les plus importantes de l'instruction du dossier" précise ce dernier. L'avis négatif donné par le Coderst porte sur "l'impossibilité de l'entreprise porteuse du projet de respecter les normes concernant les rejets gazeux dans l'atmosphère" note Michel Gilbert qui indique par-ailleurs que "le bilan énergétique du procédé est jugé insuffisant".  Ces arguments ont été défendus depuis des mois par les habitants de Coustellet, les associations Luberon Nature, ACCL, par le Piéton de Coustellet... à l'adresse de leurs élus, et des pouvoir publics, souvent sans réponse de leur part.

Dans ce même article, Aude Collin, présidente de l'ACCL avertit : "il faut être prudent tant que la décision définitive n'est pas prise". Pas de commentaire en revanche dans l'immédiat pour René Valentino (président de la communauté de communes de Coustellet), mais cela semble être une constante.

S'il est rassurant de constater que sur les plans techniques et environnementaux, il a été possible de remettre en question la faisabilité d'un tel projet, il faudra toutefois réfléchir sur les questions de fond de la représentation démocratique des habitants de Coustellet et de l'absence d'interlocuteurs ayant autorité sur le devenir de l'ancien hameau de Coustellet qui a maintenant la population, la taille et l'envergure d'un village.  

 

Par la rédaction - Publié dans : Revue de presse
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Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /Fév /2007 08:58

La dernière parution des "Brèves Nouvelles" (n°96 de janvier 2007) apporte de nouveau des éléments de réflexion quant au projet d'usine chimique au centre du hameau de Coustellet. En voici le texte intégral.

LA SAGA DE "L'USINE A GAZ" DE COUSTELLET

La campagne de désinformation organisée par EBV et relayée avec enthousiasme par nombre d'élus locaux se porte bien. Par exemple, le numéro de Novembre 2006 de la revue "Le Pays d'Apt" ayant publié la note d'information établie le 5 Août dernier par Luberon Nature, l'a complétée, ce qui est tout à fait normal, par une interview de M. Valentino, Maire de Maubec, Président de la Communauté de Communes de Coustellet et ardent défenseur du projet. Nous y avons relevé que M. Valentino dit s'appuyer sur des faits précis et officiels mais qu'il n'en cite, ni n'en identifie aucun. Ses réponses comportent d'ailleurs de nombreuses inexactitudes et parfois de franches erreurs que nous avons signalées à la Direction de la revue.

De notre côté, nous avons étudié en détail le dossier de demande d'autorisation d'exploitation déposé par EBV à la Préfecture et qui a été soumis à enquête publique en Juillet dernier. Nous y avons trouvé un grand nombre d'informations importantes dont nous allons donner quelques exemples.
Le dossier, qui ne donne pas le rendement réel de l'opération, comporte cependant suffisamment d'éléments pour le calculer et montre qu'il s'établit au maximum à 32,5 %, bien loin des 68,4 % mis en avant par la Société EBV. Un tel rendement pourrait sans peine être obtenu par une technique simple et classique (chaudière, turbine à vapeur, alternateur). Cela éviterait la complexité du procédé et de l'unité prévus, ainsi que les dangers qu'elle ferait courir à la population mais cela ne permettrait sans doute pas à EBV d'obtenir de généreuses subventions, ni à ses maisons-mères de vendre leur matériel.
La puissance électrique revendiquée est de 12,5 MW, ce qui représente 0,013 % de la puissance installée en France et 0,018 % de celle correspondant à des centrales ne consommant pas de combustibles fossiles et ne dégageant donc pas de gaz à effet de serre. Cette dernière puissance n'est d'ailleurs utilisée qu'à environ 80 %. Quel est alors l'intérêt d'un apport de 0,018 % qui n'est pas, contrairement aux affirmations d'EBV, sans inconvénients environnementaux et climatiques puisque les marcs de raisin et les plaquettes (mal) utilisés dans son projet devront être remplacés dans leurs emplois actuels par des produits issus d'hydrocarbures fossiles ? Nous considérons que le projet d'EBV n'est pas une avancée mais, au contraire, une régression dans l'utilisation d'énergie renouvelable.
Le prix d'achat du courant produit imposé à EDF par les Pouvoirs Publics et supporté en réalité par les clients d'EDF (sur votre facture, "Contribution au service public de l'électricité") s'élève d'après le Ministère de l'Industrie à 86 € par MWh. Le prix de revient moyen d'EDF est au maximum de 35 €/MWh (plutôt 2,5 pour les centrales non tributaires de combustibles fossiles). Mais, même en conservant cette base de 35 €/MWh et pour une production annuelle revendiquée par EBV de 94088 MWH, le cadeau à cette Société s'élève à 4,8 millions d'Euros par an, soit 72 millions d'Euros sur la durée du contrat (15 ans). Pour une mise de 7,7 millions d'Euros sur fonds propres, c'est raisonnable et plus sûr que le loto, d'autant qu'EBV a obtenu l'accord ministériel pour 6 usines…
Voilà donc un projet inutile et même régressif, scandaleux, et qui va mettre en danger la population avoisinante. Sans en donner toutes les raisons, qui sont nombreuses, nous noterons seulement que le dossier permet de déterminer (car le chiffre non plus n'est pas donné en clair) que l'usine EBV produirait chaque année plus de 33000 tonnes de monoxyde de carbone dont l'essentiel serait, il est vrai, immédiatement consommé par l'usine elle-même. Mais il y aurait tout de même des pertes, normales ou liées à des dysfonctionnements (fuites) ou à des accidents. EBV admet une perte normale de 506 tonnes par an mais ignore les autres qui peuvent être très importantes. C'est donc au moins 506 tonnes de monoxyde de carbone, "gaz invisible, inodore, toxique et mortel" d'après des affiches du Ministère de la Santé et de l'Assurance Maladie apposées dans toutes les Mairies, et qui vient d'être catalogué toxique pour la reproduction par l'INRS, qu'EBV prévoit de déverser chaque année, parmi d'autres produits, sur les populations voisines. Nous avons signalé l'incohérence existant entre le fait d'afficher dans les Mairies une mise en garde contre le monoxyde de carbone et celui d'avoir une attitude favorable vis-à-vis du projet EBV, par lettre individuelle, aux 91 élus des communes de la Communauté de Coustellet. Un seul nous a répondu. Nous ne pouvons qu'espérer que les 90 autres ne se désintéressent pas totalement de la santé de leurs administrés…
Ajoutons pour terminer, ce très petit extrait de l'Etat des Dangers (page 13) qui fait partie du dossier EBV: "La population avoisinante sera informée des risques et de la conduite à tenir par les populations en cas de sinistre". Nos élus en seront-ils également informés ?

Par la rédaction - Publié dans : Revue de presse
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Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /Déc /2006 19:39

Le président du Parc Naturel Régional du Luberon s'exprime dans les colonnes du support publicitaire "le Journal du Luberon".

Sous le titre "une nouvelle vie s'invente ici", Jean-Louis Joseph précise la philosophie qui sous-tend le projet porté par le Parc : "un développement durable que l'on pourrait définir ainsi : le respect de la vie, le bonheur des gens, de tous les gens, la beauté des choses".

La charte du Parc est en cours de révision, celle-ci fixe "de façon précise nos intentions : protéger et transmettre le patrimoine naturel et culturel et appliquer cette gestion patrimoniale aux ressources naturelles, développer et aménager le territoire avec raison et jugement, en prenant garde au patrimoine naturel et culturel bien entendu, mais aussi à la beauté des choses et au bonheur des gens. Aborder la qualité du cadre de vie en luttant contre les pollutions et les nuisances..."

A la lecture d'une telle profession de foi, les habitants de Coustellet, opposés au projet d'usine à gaz-incinérateur sur leur lieu de vie, de travail et d'études ne peuvent que se réjouir de trouver là un défenseur fervent de leur préocupations.

Nul doute que ce candidat à la députation se montrera aux premières lignes de la solidarité avec la population de Coustellet, coupant court ainsi avec les informations selon lesquelles le Parc Naturel Régional du Luberon donnerait son accord pour le projet d'usine.

Nous attendons donc confirmation de sa part, ainsi que les prises de positions des autres candidats aux prochaines élections législatives sur ces points concernant non seulement le respect du cadre de vie mais aussi celui de la démocratie participative.

Par la rédaction - Publié dans : Revue de presse
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Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /Déc /2006 19:18

L'écologiste-journaliste Nicolas Hulot a présenté un "Pacte Ecologique" adressé aux candidats aux élections de 2007. Une des propositions fortes de ce pacte est le renforcement de la démocratie participative comme fondement du développement durable. Extraits.  

"Afin que les démocraties puissent assumer leurs responsabilités face à la crise écologique, un des meilleurs moyens consiste à étendre l’expression démocratique. Nous proposons de recourir à des procédures de démocratie participative en soumettant systématiquement en amont au débat public toutes les grandes décisions nationales en matière de développement durable afin d’éclairer les choix des élus et de responsabiliser la société.
Lors des quelques expériences de démocratie participative menées jusqu’à présent, on a pu constater que des citoyens préalablement informés n’éprouvent aucune difficulté à prendre la mesure des problèmes et à proposer des solutions responsables.

Le débat public débouche sur un argumentaire. Mais il faut que le commanditaire, le pouvoir législatif ou exécutif, soit tenu de répondre publiquement à cet argumentaire, pour l’intégrer ou le réfuter. Nous proposons encore le suivi et la transparence qui va du vote d'une loi jusqu'à l'adoption des décrets d'application. Dans ces conditions le débat public permettrait de faire vivre la démocratie, responsabilisant politiques et citoyens, et contribuant à la détermination de l’intérêt général.
La mise en œuvre du développement durable devrait donc être systématiquement précédée par des débats publics dont l’organisation serait confiée à la Commission nationale de débat public (CNDP).

Tous les projets de lois concernant nommément le développement durable, ou affectant profondément l’une de ses dimensions, donneraient lieu automatiquement à une saisine de la CNDP.
Les débats ouverts permettraient la remontée de propositions « par le bas » sur des questions qui concernent tous les citoyens et qui constituent les principaux enjeux de notre temps.

L’exécutif et le législatif pourraient alors prendre leurs décisions en connaissance de cause.

Les choix finaux relèveraient toujours de la responsabilité du politique, fondement de notre démocratie."

Remplaçons simplement, à notre niveau, "national" par "local"...

Le "Pacte Ecologique" de Nicolas Hulot

 

Par la rédaction - Publié dans : Revue de presse
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Lundi 13 novembre 2006 1 13 /11 /Nov /2006 10:04

Dans son bulletin N° 95, l'association Luberon Nature présente son point de vue sur le projet d'usine de gazéification à Coustellet et apporte un éclairage précis sur la façon dont se met en place le projet. Edifiant.

A PROPOS DE "L'USINE A GAZ" DE COUSTELLET …

Dans notre numéro 94 de Juin dernier, nous avions signalé l'annonce d'une enquête publique consacrée à la demande faite par la Société EBV d'être autorisée à exploiter une unité de gazéification de marcs de raisins et de plaquettes forestières à proximité de la distillerie de Coustellet. Nous avions vis-à-vis d'un tel projet une attitude a priori favorable que nous avions traduite ainsi: "Cette démarche peut être très positive si elle permet par exemple de supprimer l'activité de compostage de la distillerie, mais une grande vigilance doit être déployée pour qu'elle ne génère pas de nuisances nouvelles".
C'est dans cet esprit que nous avons étudié le dossier soumis à l'enquête publique. Nous avons été effarés par le procédé choisi et par la présentation biaisée du dossier lui-même, ce qui nous a d'abord conduits à manifester nos doutes auprès de la Commissaire-Enquêtrice, puis à approfondir notre connaissance du contexte des énergies renouvelables dans lequel se situe cette affaire. Cela nous a amené, malgré notre attachement au développement des énergies renouvelables (quand il est possible et efficace) et à l'utilisation optimale de la biomasse, à prendre position contre le projet d'EBV.
A la demande de nombreux résidents des communes concernées par le projet (celles de la Communauté de Communes de Coustellet, plus Gordes et Ménerbes), Luberon Nature a publié une note d'information sur le sujet en général et sur notre position dans le cas particulier. Ce document, ainsi que l'avis que nous avons remis à la Commissaire-Enquêtrice et la lettre adressée au Préfet dont nous parlerons plus bas, sont à la disposition de nos lecteurs qui le désirent.

En résumé, nous adressons trois reproches principaux à l'unité envisagée:

C'est une énormité en ce qui concerne les énergies renouvelables. Elle aboutit à cette aberration qu'on va produire de l'énergie sous forme d'électricité, avec un rendement lamentable, à partir de marcs bien adaptés à faire un fertilisant par compostage, et qu'en même temps on va devoir remplacer ce fertilisant par un engrais chimique obtenu à partir de pétrole ou de gaz naturel qui sont, eux, bien adaptés à produire de l'énergie… Bravo au Ministre qui a délivré l'autorisation !

C'est un moyen légal pour une entreprise de vivre sur des fonds publics, argent des contribuables et des clients d'EDF. Nous ne sommes pas opposés à ce que cet argent finance des développements collectivement utiles et efficaces mais le distribuer pour un projet délirant n'est pas acceptable.

C'est une inconscience grave que d'installer une telle usine dans une zone habitée, dans laquelle les municipalités concernées s'efforcent avec un certain succès de développer une activité résidentielle, commerciale et culturelle attractive et conviviale. Bien sûr, on nous explique sur le papier que l'usine ne posera aucun problème. Tant qu'elle sera virtuelle, c'est vrai. Mais dès qu'elle sera réelle et qu'on voudra la mettre en route, les problèmes afflueront:

Le bruit. Sur le papier, beaucoup de sites économiques, les carrières par exemple, sont bien dans les normes mais cela n'empêche pas les voisins de vivre un calvaire sonore. Ce sera le cas à Coustellet.

Les odeurs. Sur le papier, la distillerie n'aurait pas dû en dégager. Pourtant, il aura fallu attendre plusieurs décennies, non pas pour qu'elles disparaissent, mais pour qu'elles deviennent à peu près supportables. On risque de repartir à zéro.

Les rejets de produits polluants ou toxiques. Sur le papier, il ne doit pas y en avoir au-delà des normes, mais l'étude n'a pas été faite de ce qui se passera pendant la période de démarrage qui peut durer plusieurs mois, ni pendant les inévitables incidents ou accidents de fonctionnement. Quant à ce qui est rejeté par les cheminées, l'expérience de la raffinerie montre bien que cela retombe toujours quelque part.

La Commissaire-Enquêtrice ayant finalement donné un avis favorable, nous avons écrit au Préfet pour préciser les raisons de notre opposition et pour dénoncer la légèreté avec laquelle avaient été balayées nos questions et celles d'un grand nombre de voisins.

Indépendamment de Luberon Nature, l'affaire a donné lieu à des manifestations de refus de la part de nombre de résidants des cinq communes constituant la Communauté de Communes de Coustellet. Cela a amené les Maires des ces cinq communes: (Madame Marie-Paule GHIGLIONE, Maire de Cabrières d'Avignon, Monsieur Albert CALVO, Maire d'Oppède, Monsieur Robert DONNAT, Maire de Lagnes, Monsieur Robert FRASSI, Maire de Robion, Monsieur René VALENTINO, Maire de Maubec et Président de la Communauté)à signer un tract de défense du projet, tract qui a été distribué dans les boîtes aux lettres d'au moins certaines de ces communes.

Dans ce tract, qui montre surtout que les signataires ne connaissent pas le sujet et ne se sont pas donnés la peine de lire le dossier de l'enquête publique, il est même fait appel à Luberon Nature dont le texte cité au début de cet article a été "résumé" par "démarche très positive".

Déformer ou tronquer un texte pour lui faire dire tout autre chose que ce qu'il veut dire est toujours un procédé malhonnête et méprisable. Venant des élus, comment peut-on le qualifier ?

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Dimanche 12 novembre 2006 7 12 /11 /Nov /2006 20:15

Dans "Le journal du pays d'Apt", René Valentino, maire de Maubec et président de la communauté de communes, apporte sa vision du projet d'usine de gazéification qu'il est prévu d'édifier à Coustellet, dès 2007. Selon lui ce projet doit "éliminer les odeurs et donc améliorer l'attractivité du lieu".

Il précise également que "on ne peut pas dire que depuis un an et demi ce dossier ait été caché à la population". Les habitants de Coustellet, qui ont appris l'existence de ce projet deux jours avant la clotûre de l'enquête d'utilité "publique" apprécieront...   

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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 21:04
Le Monde - Article paru dans l'édition du 09.11.06
Les chercheurs estiment qu'en 2030 l'électricité obtenue à partir des panneaux photovoltaïques sera devenue la plus compétitive du marché

Au début des années 1990, quand les promoteurs du solaire annonçaient le prix du kilowattheure [kWh] photovoltaïque, tout le monde rigolait : on était 10 fois au-dessus du tarif de l'électricité achetée à EDF. Quinze ans après, les coûts ont été divisés par deux ou trois, et plus personne ne se moque. Bientôt, on va nous prendre très au sérieux. » Philippe Malbranche, spécialiste des technologies solaires au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), est formel : « A terme, le solaire va s'imposer. » Non par choix idéologie ou souci de l'environnement. Mais « parce qu'il sera économiquement le plus rentable ».

Les projections de l'Institut national de l'énergie solaire inauguré cet été sur le parc de Savoie-Technolac, où sont regroupées des équipes du CEA, du CNRS, du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et de l'université de Savoie, montrent qu'il ne s'agit pas d'une douce utopie. En France, selon que l'on réside au Sud ou au Nord - et que l'on bénéficie d'un ensoleillement annuel moyen de 1 800 ou de 900 heures -, l'électricité d'origine photovoltaïque coûte aujourd'hui, en considérant que l'installation est amortie en vingt ans, entre 25 et 50 centimes d'euros le kWh. Une dépense à comparer aux quelque 13 centimes d'euros, taxes comprises, facturés par EDF en option de base.

En 2010, la fourchette devrait descendre entre 20 et 40 centimes d'euros. En 2020, entre 10 et 20 centimes d'euros. Et, en 2030, les coûts devraient tomber en dessous de 10 centimes d'euros le kWh, que l'on habite à Lille ou à Marseille. « Nous pouvons nous tromper de dix ans. Mais le mouvement est inéluctable, est convaincu Philippe Malbranche. Or, à 10 centimes d'euros le kWh, le solaire est concurrentiel vis-à-vis de toutes les autres sources d'énergie. »

Comment expliquer cette baisse continue des tarifs ? D'abord, par la multiplication des installations photovoltaïques, qui se partagent, avec les capteurs thermiques, le marché de l'énergie solaire. Deux technologies complètement différentes, puisque la seconde utilise directement la chaleur du rayonnement solaire, pour des chauffe-eau par exemple, tandis que la première transforme le même rayonnement en électricité, par le truchement d'un matériau semi-conducteur, le silicium, dont les électrons sont mis en mouvement par les photons de la lumière.

Le marché mondial des cellules photovoltaïques affiche une croissance insolente, proche de 40 % par an. Le Japon a été le premier à tracer la voie, à la fin des années 1990, avec une politique volontariste visant à couvrir la moitié de sa consommation électrique domestique à l'horizon 2030. Le pays du Soleil-Levant totalise aujourd'hui 40 % de la puissance mondiale installée, qui, fin 2005, atteignait 3,7 millions de kilowatts. L'Allemagne lui a emboîté le pas et presse aujourd'hui l'allure, pour devancer désormais l'archipel nippon en puissance cumulée.

LA FRANCE DANS LE PELOTON DE QUEUE

Derrière, les Etats-Unis traînent les pieds, avec 13 % de la puissance mondiale installée. L'Europe ne fait encore que de la figuration, même si l'Espagne et les Pays-Bas montent en régime. La France, où le lobby nucléaire a longtemps fait la loi, reste dans le peloton de queue de la course solaire, avec moins de 1 % du total. Mais les récentes mesures fiscales décidées par le gouvernement - un crédit d'impôt de 50 % sur les nouveaux équipements et une hausse du tarif de rachat par EDF de l'électricité photovoltaïque, que les particuliers peuvent revendre jusqu'à 47 centimes le kWh et les communes 55 centimes - devraient booster la filière.

Si le solaire devient de plus en plus compétitif, ce n'est pas seulement en raison des économies d'échelle réalisées par les fabricants sur des productions en plus grande série. C'est aussi grâce aux progrès techniques dont bénéficient les installations photovoltaïques : moins de silicium - très coûteux - dans les cellules, des rendements améliorés, une intégration plus efficace dans les bâtiments.

Alors que le solaire thermique peut couvrir la moitié des besoins d'un pays comme la France en eau chaude, tout en assurant un complément de chauffage, le solaire photovoltaïque pourrait assurer 40 % de la consommation électrique nationale, estime Philippe Malbranche. Et jusqu'à 60 % dans les pays industrialisés bénéficiant à la fois d'un bon ensoleillement et d'un habitat peu concentré, ce qui permet de multiplier les surfaces réceptrices non seulement en toiture, mais aussi en façade. Dans ces conditions, l'énergie solaire a effectivement de beaux jours devant elle.

Pierre Le Hir
Par la rédaction - Publié dans : Revue de presse
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